mercredi 1 août 2007

Une quasi vietnamienne

(chronique interdite à la lecture de papa et maman)

Les semaines passent, on atteint déjà le mois d’août, et je continue à me fondre de plus en plus dans la masse hanoienne (étant toujours blanche et blondasse, vous comprendrez ce que ça veut dire…).

Après la maison avec clim, j’ai désormais comme accessoires indiscutablement viet les tongs en plastique made in Vietnam, un numéro de portable viet, un compte à la Vietcom Bank (l’info économique pour les avertis : ce n’est pas très couleur local ça car les gens ici utilisent surtout du liquide et n’ont pas de compte en banque), la marque sur le mollet droit (rapport au xe om), un répertoire d’une vingtaine de mots et expressions (parmi lesquels les très usités « combien ça coûte ? » et « trop cher »), un vélo, et depuis vendredi dernier… une moto…. (silence consterné dans l’assistance, papa et maman, on avait dit que vous ne deviez pas lire).

Au départ, le constat est simple : même si la ville est globalement plate, il fait trop chaud pour pédaler sous le cagnard et les distances entre les points névralgiques de la ville (chez moi – la boîte du samedi soir) sont dissuasives. Du coup, après un mois d’observation des us et coutumes routières (cf. ma première chronique), je me suis dit qu’il fallait se lancer.

Monsieur Tung – fournisseur officiel des avocats sis Ly Thuong Kiet – est donc arrivé vendredi soir au bureau avec une magnifique Honda « wave » bleue de 110 cm3 (avec un petit panier devant pour le shopping) pesant un âne mort.

Petites explications rapides (les boutons, les pédales, les vitesses) et devant mon air manifestement futé, direction le terre plein central devant le palais soviéto-viet à côté de chez moi pour faire des tours (à droite, à gauche, freiner, le gros niveau technique quoi…). Pour celles et ceux qui ne s’y connaîtraient pas plus que moi, en gros, il y a 4 vitesses et un point mort, la première est la plus nerveuse et ensuite, plus on monte les rapports, plus c’est censé être tranquille à conduire – comme la cinquième sur l’autoroute en voiture – sauf que là on peut s’arrêter et re-démarrer en 4e sans caler (et là, les perspicaces ont compris que j’avais décroché).

Bref, j’ai fait des ronds – en calculant que si je voulais avoir une chance de tourner à un carrefour ici, fallait absolument que je trouve le moyen de réduire le diamètre de mes cercles à moins de 50 mètres… – sous la surveillance imperturbable de Monsieur Tung qui, à chaque arrêt pour débrieffer, me disait « better, better… One more time » et ça a duré une vraie heure… On a fini par rentrer chez moi et là, je me suis dit que la dernière fois que je me suis sentie aussi spontanément à l’aise avec un truc motorisé, c’était quand j’ai conduit à gauche (avec le volant à droite) en Australie…

Au final, après quelques nouvelles tentatives pas plus convaincantes (je n’ai toutefois écrasé personne, pour les mauvais esprits qui auraient des doutes), j’ai décidé, un peu piteuse, de passer la moto par pertes et profits et ai re-découvert des charmes insoupçonnés au vélo…

Prochaine destination : Nha Trang (plages et mer turquoise).

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