Je sais que je vous avais promis le Cambodge (impressionnant / sous le soleil / plein de touristes) mais je voulais vous raconter une dernière aventure avant mon retour en France et l’auto-destruction de ce blog.
En vue dudit retour, j’ai commencé à me préoccuper de mon déménagement. Je vous passe d’abord la recherche du transporteur habilité – enquête marketing comparative intercontinentale Hanoi / Paris. J’ai par ailleurs acheté une grosse cantine pour transporter les quelques objets un peu volumineux que j’ai accumulés – essentiellement des cadres, une lampe, un vase, bref, que des trucs pratiques (comprendre fragiles). Je me suis également dit que pour éviter de réceptionner des miettes à Paris, ça serait pas mal d’utiliser du papier bulle pour envelopper le tout.
La quête a donc commencé…
Après plusieurs recherches non guidées infructueuses, j’ai demandé l’avis d’une collègue, qui m’a donné une adresse dans la vieille ville.
Samedi, sur mon vélo, je me pointe au lieu dit – pas de bol, c’est une boutique de fringues. Comme il se trouve que dans le reste de la rue, ils ont l’air de vendre du matériel – gaines électriques, tubes en plastique, manchons auto soudeurs (private joke maman) – qui pourraient éventuellement avoir un rapport, certes lointain, avec du papier bulle (y’a du plastique dedans), je me dis que c’est quand même là qu’il faut chercher…
Me voilà donc à tenter d’expliquer ce que je cherche aux vendeurs du coin. Evidemment je ne connais pas l’expression en vietnamien, du coup, je fais mon numéro de guignol habituel (mimes, bruitages et dessins). Certains ne cherchent même pas à comprendre, d’autres sont perplexes, d’autres enfin m’indiquent d’autres rues – jamais la même au demeurant, c’est ça qui est un peu embêtant…
Bref, après avoir tournicoté un certain temps, c’est l’échec total. J’abandonne ma quête pour faire du shopping et tombe sur une vendeuse très gentille et parlant un anglais fort compréhensible. Je tente de lui expliquer ce que je cherche, elle semble comprendre, m’explique qu’il n’y a pas d’expression correspondante en vietnamien (c’est pratique) et se lance dans la rédaction d’une note de 5 lignes en vietnamien, accompagnées de dessins, à soumettre aux prochains vendeurs sollicités. Au passage, elle aussi me donne une adresse – encore différente.
Hyper rassurée et convaincue que cette fois, ça va marcher, je renfourche ma bicyclette et me relance dans les rues de la vieille ville… sans plan. Quelques temps plus tard, complètement paumée, je demande mon chemin et recommence le petit jeu de ping pong d’une rue à l’autre. Bref, je trouve finalement l’adresse et un truc qui n’est pas du papier bulle mais qui pourrait en faire office (on va appeler ça du papier mousse)…
Après une négociation de folie avec la vendeuse (elle n’a pas lâché un dong, alors que je lui ai acheté 3 fois plus de trucs que prévu), j’ai embarqué ma-ficelle-qui-n’en-est-pas, mes sangles-qui-n’en-sont-pas-non-plus et mon-papier-bulle-qui-en-est-presque sur mon porte bagage, tellement contente quand tout se passe aussi facilement…
A côté de ça, je m’attendais à l’enfer sur terre pour fermer mon compte en banque viet (genre tango d’un guichet à l’autre tant que l’intégralité des 12.000 justificatifs n’ont pas été tamponnés dans la bonne couleur) et ça a en fait été miraculeux : ½h d’attente mais aucun justificatif autre que le passeport et j’ai récupéré mes billes moyennant le paiement d’une commission ridicule – m’est avis que la petite jeune au guichet était nouvelle et a fait un certain nombre de loupés dans la procédure interne…
mercredi 19 décembre 2007
jeudi 13 décembre 2007
Je suis amoureuse…
… du Laos. Explications en quelques mots clés.
Circulation : 10 fois moins de trafic dans les rues de Vientiane qu’à Hanoi, autant d’autos (pick up) que de motos, et surtout pas de klaxon. Une personne a klaxonné une fois, et tout le monde s’est retourné, surpris. L’opposition de style avec le Vietnam commence donc visuellement, avec cette impression qu’il n’y a personne dans les rues (ce qui n’est pas complètement faux d’ailleurs : 5 millions de Laotiens contre 80 et quelques millions de vietnamiens, sur une surface en gros des 2 tiers).
Coolitude : pas d’agitation, pas de frénésie ici, c’est paisible et relax. Du coup, on est bien forcé de s’adapter (farniente, sieste et foot massage). Ça semble quasi miraculeux que les laotiens aient réussi à conserver un si grand territoire doté de ressources naturelles enviées de ses voisins (surtout le bois) avec si peu d’habitants et surtout un tempérament si placide (un petit poisson entouré de requins disait mon guide).
Doré : couleur la plus utilisée dans les temples, avec plus ou moins de réussite (cf. That Luang). Curieuse impression d’une richesse inouïe dans beaucoup de sites alors que les gens sont quand même globalement très pauvres.
Luang Prabang : cocktail qui décoiffe : 1/3 de jungle caraïbe, 1/3 de far west colonial, 1/3 de temples.
Musique : euh, comment dire… c’est spécial : à Vientiane, lors de la fête du That Luang, on aurait dit une espèce de goa entêtante. Sur l’île de Khong, lors de la fête annuelle du village, on s’approchait d’un mélange de ska et de Charly Oleg (si si, c’est possible).
Parents : les petits laotiens ont des parents en or ! On voit sans cesse des pères et des mères (à égalité) cajoler leurs enfants, les porter dans leurs bras, les câliner…
Physique : j’appartiens aux 5% des gens les plus grands (hommes et femmes confondus), c’est dire…
Religion : bon, suis pas sure d’avoir tout compris au Petit et au Grand Véhicule du Bouddhisme mais en gros, vous avez l’école du Sud (Thailande, Sri Lanka, Cambodge, Laos) d’un côté et l’école du Nord (Chine, Népal, Vietnam) de l’autre. Visuellement en tout cas, ça donne des vat (temples, pagodes) de style architecturaux très différents et surtout des moines (bonzes) beaucoup plus visibles et intégrés dans la vie quotidienne des gens au Laos et au Cambodge (l’aumône du matin aux robes safran à travers la ville de Luang Prabang est assez spectaculaire).
That Luang : le premier soir de mon arrivée correspondait à une grande fête au That Luang de Vientiane, construction emblématique du Laos (genre la Tour Eiffel) reproduite notamment sur les billets de banque. Sa particularité : elle est entièrement dorée. Le soir, avec les illuminations et les feux d’artifice allumés à la main à la bougie (ça a mis le temps) quand la pleine lune était dans l’axe du stupa principal, c’était juste époustouflant…
Tourisme : incroyable mais vrai : le Laos est un pays magnifique et il y a si peu de touristes !!! Autant dire que le contraste avec Siem Reap (Angkor) fut rude…
Vat Sisaket : mon coup de cœur à Vientiane, c’est un vieux temple entouré comme un cloître, il n’a pas de couleurs rutilantes et de dorures flambant neuves, au contraire, son vieil enduit ocre s’effrite doucement, c’est de la tendresse qui part en miettes…
La suite (le Cambodge) au prochain numéro !
Circulation : 10 fois moins de trafic dans les rues de Vientiane qu’à Hanoi, autant d’autos (pick up) que de motos, et surtout pas de klaxon. Une personne a klaxonné une fois, et tout le monde s’est retourné, surpris. L’opposition de style avec le Vietnam commence donc visuellement, avec cette impression qu’il n’y a personne dans les rues (ce qui n’est pas complètement faux d’ailleurs : 5 millions de Laotiens contre 80 et quelques millions de vietnamiens, sur une surface en gros des 2 tiers).
Coolitude : pas d’agitation, pas de frénésie ici, c’est paisible et relax. Du coup, on est bien forcé de s’adapter (farniente, sieste et foot massage). Ça semble quasi miraculeux que les laotiens aient réussi à conserver un si grand territoire doté de ressources naturelles enviées de ses voisins (surtout le bois) avec si peu d’habitants et surtout un tempérament si placide (un petit poisson entouré de requins disait mon guide).
Doré : couleur la plus utilisée dans les temples, avec plus ou moins de réussite (cf. That Luang). Curieuse impression d’une richesse inouïe dans beaucoup de sites alors que les gens sont quand même globalement très pauvres.
Luang Prabang : cocktail qui décoiffe : 1/3 de jungle caraïbe, 1/3 de far west colonial, 1/3 de temples.
Musique : euh, comment dire… c’est spécial : à Vientiane, lors de la fête du That Luang, on aurait dit une espèce de goa entêtante. Sur l’île de Khong, lors de la fête annuelle du village, on s’approchait d’un mélange de ska et de Charly Oleg (si si, c’est possible).
Parents : les petits laotiens ont des parents en or ! On voit sans cesse des pères et des mères (à égalité) cajoler leurs enfants, les porter dans leurs bras, les câliner…
Physique : j’appartiens aux 5% des gens les plus grands (hommes et femmes confondus), c’est dire…
Religion : bon, suis pas sure d’avoir tout compris au Petit et au Grand Véhicule du Bouddhisme mais en gros, vous avez l’école du Sud (Thailande, Sri Lanka, Cambodge, Laos) d’un côté et l’école du Nord (Chine, Népal, Vietnam) de l’autre. Visuellement en tout cas, ça donne des vat (temples, pagodes) de style architecturaux très différents et surtout des moines (bonzes) beaucoup plus visibles et intégrés dans la vie quotidienne des gens au Laos et au Cambodge (l’aumône du matin aux robes safran à travers la ville de Luang Prabang est assez spectaculaire).
That Luang : le premier soir de mon arrivée correspondait à une grande fête au That Luang de Vientiane, construction emblématique du Laos (genre la Tour Eiffel) reproduite notamment sur les billets de banque. Sa particularité : elle est entièrement dorée. Le soir, avec les illuminations et les feux d’artifice allumés à la main à la bougie (ça a mis le temps) quand la pleine lune était dans l’axe du stupa principal, c’était juste époustouflant…
Tourisme : incroyable mais vrai : le Laos est un pays magnifique et il y a si peu de touristes !!! Autant dire que le contraste avec Siem Reap (Angkor) fut rude…
Vat Sisaket : mon coup de cœur à Vientiane, c’est un vieux temple entouré comme un cloître, il n’a pas de couleurs rutilantes et de dorures flambant neuves, au contraire, son vieil enduit ocre s’effrite doucement, c’est de la tendresse qui part en miettes…
La suite (le Cambodge) au prochain numéro !
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