Non, je ne me suis pas fait exprès renverser en vélo pour le plaisir d’avoir quelque chose de nouveau et couleur locale à vous raconter… C’est juste qu’au bout de 3 semaines à tousser, je me suis dit qu’il pourrait être temps d’aller voir un médecin et, le goût de l’aventure me faisant curieusement défaut sur ce sujet là, je préférais être sûre de me faire bien comprendre.
J’ai donc d’abord pris rendez-vous par téléphone – « c’est ça, comme Alexandre » – l’après-midi même, avec un-médecin-vietnamien-mais-ayant-travaillé-en-France-et-parlant-donc-très-bien-français, selon la standardiste.
L’hôpital est un bâtiment tout moderne, très grand, avec toutes les spécialités possibles et imaginables – consultation en urgence, consultation psychiatrique, chirurgie cardiaque, urologie… – sauf que pas moyen de trouver celle qui m’intéressait moi – médecine générale. La standardiste m’avait bien dit de me présenter au 1er étage 10 minutes avant le rendez-vous pour remplir des papiers, sauf que gros dilemme : 1er étage à la viet ou à la française ? (NDLR pour les non initiés : les vietnamiens comptent les étages à l’américaine : le 1er étage pour eux est le rez-de-chaussée pour nous).
J’opte pour le 1er étage à la française, me présente à l’accueil, signale que j’ai pris rendez-vous – « oui, comme Alexandre » – la fille vérifie quelque chose sur son ordinateur, me tend un formulaire à remplir (« avez-vous déjà eu une des affections suivantes ? » suivie de 2 colonnes de noms de maladies en anglais / latin – j’ai manqué de vocabulaire), je rends le formulaire, la fille me demande ce que j’ai, « je tousse », « ah mais vous ne consultez pas un spécialiste alors c’est au rez-de-chaussée »…
Bon, elle a eu la gentillesse de ne pas me faire refaire les 50 croix dans les 2 colonnes et de m’accompagner au rez-de-chaussée pour expliquer à son alter ego de l’étage du dessous que oui, comme Alexandre, elle avait déjà vérifié sur l’ordinateur.
Le médecin parlait effectivement correctement français, en tout cas il avait un beau « AP HP » brodé sur sa blouse blanche. On discute un peu, il est très amical, semble assez à l’aise pour établir son diagnostic. Puis me demande :
- « Vous faites quoi ici ? »
- « Je suis avocat »
- « (…) Bon, on va faire une radio des poumons – je sais ce que vous avez mais il faut toujours vérifier… »
- « ??? » (serait-ce une pneumonie, la tuberculose, le SRAS, le H5N1 ???)
- « Et au passage, vous n’êtes pas enceinte, vous êtes sûre ? » – il insiste lourdement et a presque l’air de me prendre pour une cachottière – « Non, parce qu’après, il peut y avoir des procès… ».
Ca a fini de me rassurer sur l’authenticité de sa formation en France…
Après, grand moment encore de culture vietnamienne lors de la radio – « s’il vous plait madame inspirez s’il vous plait bloquez s’il vous plait madame ».
Bref, tout ça pour confirmer ce qu’on savait depuis le départ – bronchite + angine – mais au moins on est sûr… Le médecin m’a donné des médicaments en me précisant : « ils ne vont pas supprimer la toux » – euh, rappelez-moi pourquoi je viens vous voir au fait ??? Mais pour avoir un truc à raconter sur mon blog, bien sûr…
vendredi 19 octobre 2007
mardi 16 octobre 2007
L’attraction touristique du jour
Dimanche, sur la route du retour de la Baie d’Along, on a crevé.
Le chauffeur s’est donc garé sur le bas-côté de la route (on va dire « de l’autoroute » pour donner une idée de la circulation, même s’il n’y avait que 2 voies en tout) et a entrepris de changer le pneu arrière gauche du 4x4. Comme il n’avait pas de signalisation (genre triangle) et qu’il mordait quand même largement sur la voie, maman et moi nous sommes postées en amont et avons commencé à faire des signes (la main de haut en bas) pour faire ralentir les véhicules suivants. Signaux immédiatement interprétés par les conducteurs comme une sollicitation d’auto-stop. On a arrêté.
Après avoir passé 3 ou 4 coups de fil, le chauffeur a trouvé les outils nécessaires (cric et clé). Il a commencé à démonter le pneu, chaque étape étant intégralement commentée par maman, telle l’Eugénie Sacomano de la mécanique automobile (la hauteur du cric, le nombre de boulons, la jante…).
Une fois le pneu enlevé, tentative de sortie de la roue de secours du caisson qui la protège – avec un cadenas – sur la porte arrière. 3 ou 4 coups de fil, et le chauffeur attaque le cadenas avec une pince coupante. Le cadenas résiste. Nouvelle série de 3 ou 4 coups de fil – finalement on trouve le code du cadenas – soulagements.
Sauf que la roue de secours est dégonflée.
Le chauffeur, de plus en plus dépité, nous plante là et part à la recherche de quelque chose. Entre temps, une ou deux familles qui habitent précisément au bord de la route là où on a crevé observent la scène. Et nous proposent des chaises en plastique bleu en attendant. 3 blancs sur leurs chaises en plastique bleu regardant passer les camions au bord de l’autoroute, ça en a interloqué plus d’un sur le chemin…
Au bout d’un certain temps, notre chauffeur revient à l’arrière d’une mobylette, embarque l’énorme roue de secours du 4x4 à l’arrière avec lui et repart.
On s’occupe sur nos chaises plastique en faisant les guignols avec les gamins curieux qui nous regardent à la dérobée et leurs mères qui tentent de discuter.
Encore un certain temps après, notre chauffeur, la mobylette et la roue de secours regonflée sont de retour. Commence le remontage, le cric est en bout de course, la roue ne rentre pas, Sacomano conseille l’ajout d’une pierre plate sous le cric, le chauffeur empile plutôt des grosses pierres, le 4x4 gîte dangereusement. Finalement ça rentre, faut gérer la redescente du cric, le resserrage progressive des boulons – toujours avec les commentaires en stéréo.
Reste à remettre la roue crevée dans le caisson sur la porte arrière et à fermer le tout. Ça ne ferme pas. Après moult explications par mimes, le chauffeur renonce à l’idée de faire un truc beau et met tout ce qui ne tient pas à l’arrière dans le coffre. Et se confond en excuses.
Un peu plus loin sur la route, on croisera encore 2 camions arrêtés sur le bas-côté en train de changer des roues arrières gauche… mais pas de chaises en plastique bleu.
Le chauffeur s’est donc garé sur le bas-côté de la route (on va dire « de l’autoroute » pour donner une idée de la circulation, même s’il n’y avait que 2 voies en tout) et a entrepris de changer le pneu arrière gauche du 4x4. Comme il n’avait pas de signalisation (genre triangle) et qu’il mordait quand même largement sur la voie, maman et moi nous sommes postées en amont et avons commencé à faire des signes (la main de haut en bas) pour faire ralentir les véhicules suivants. Signaux immédiatement interprétés par les conducteurs comme une sollicitation d’auto-stop. On a arrêté.
Après avoir passé 3 ou 4 coups de fil, le chauffeur a trouvé les outils nécessaires (cric et clé). Il a commencé à démonter le pneu, chaque étape étant intégralement commentée par maman, telle l’Eugénie Sacomano de la mécanique automobile (la hauteur du cric, le nombre de boulons, la jante…).
Une fois le pneu enlevé, tentative de sortie de la roue de secours du caisson qui la protège – avec un cadenas – sur la porte arrière. 3 ou 4 coups de fil, et le chauffeur attaque le cadenas avec une pince coupante. Le cadenas résiste. Nouvelle série de 3 ou 4 coups de fil – finalement on trouve le code du cadenas – soulagements.
Sauf que la roue de secours est dégonflée.
Le chauffeur, de plus en plus dépité, nous plante là et part à la recherche de quelque chose. Entre temps, une ou deux familles qui habitent précisément au bord de la route là où on a crevé observent la scène. Et nous proposent des chaises en plastique bleu en attendant. 3 blancs sur leurs chaises en plastique bleu regardant passer les camions au bord de l’autoroute, ça en a interloqué plus d’un sur le chemin…
Au bout d’un certain temps, notre chauffeur revient à l’arrière d’une mobylette, embarque l’énorme roue de secours du 4x4 à l’arrière avec lui et repart.
On s’occupe sur nos chaises plastique en faisant les guignols avec les gamins curieux qui nous regardent à la dérobée et leurs mères qui tentent de discuter.
Encore un certain temps après, notre chauffeur, la mobylette et la roue de secours regonflée sont de retour. Commence le remontage, le cric est en bout de course, la roue ne rentre pas, Sacomano conseille l’ajout d’une pierre plate sous le cric, le chauffeur empile plutôt des grosses pierres, le 4x4 gîte dangereusement. Finalement ça rentre, faut gérer la redescente du cric, le resserrage progressive des boulons – toujours avec les commentaires en stéréo.
Reste à remettre la roue crevée dans le caisson sur la porte arrière et à fermer le tout. Ça ne ferme pas. Après moult explications par mimes, le chauffeur renonce à l’idée de faire un truc beau et met tout ce qui ne tient pas à l’arrière dans le coffre. Et se confond en excuses.
Un peu plus loin sur la route, on croisera encore 2 camions arrêtés sur le bas-côté en train de changer des roues arrières gauche… mais pas de chaises en plastique bleu.
mercredi 10 octobre 2007
French connection
Après plusieurs semaines et week-ends passés à Hanoi à travailler la culture (théâtre : pièce contemporaine improbable – « why the spider spins her web », rien que le titre on aurait dû sentir le coup venir – à base de projections vidéo sur un cube de verre à l’intérieur duquel une femme, vêtue de blanc, fait des vocalises sur une bande-son de marteau piqueur… / opéra : La Flûte Enchantée, l’intérêt en l’occurrence étant plus dans le cadre – bâtiment assez proche de l’opéra Garnier – que dans la performance scénique / cinéma : petit festival de films mexicains tous inconnus et tous très biens), le temps des excursions est revenu…
En effet, les parents ayant débarqué vendredi soir (avec 50 vrais kilos de bagages, dont soit disant 1/3 de trucs pour moi – je m’inscris en faux contre ces exagérations éhontées), nous sommes partis dès samedi vers le sud est de Hanoi, du côté de Hoa Lu, « la baie d’Along terrestre »…
C’était bien ça, sauf que le typhon Lekima avait quand même largement « humidifié » les lieux et même si rien n’était endommagé dans les endroits que nous avons visités, plusieurs sites n’étaient plus accessibles. Cette mauvaise surprise à part, nous avons traversé la campagne et les rizières sous un ciel tout bleu (à son retour, vu le nombre de questions posées, maman pourra écrire une thèse sur la culture du riz, du semis à la batteuse), navigué sur de petites barques en bambous tressés au milieu des pains de sucre au soleil couchant et découvert des paysans hyper chaleureux et étonnamment francophones…
Dimanche, après la victoire à 4 heures du matin des bleus (merci TV5 Monde) et la visite de la cathédrale de Phat Diem (un peu comateuse vu la nuit passée), de retour à Hanoi, les parents ont un peu mieux appréhendé mes conditions de vie difficiles (« on fait tourner une machine à laver ? » – ah non, ça ne va pas être possible, c’est une machine chinoise, on ne comprend ni sa conception ni son mode d’emploi…) avant de se ressaisir rapidement (achat de 4 serpillières et de 2 rouleaux de sopalin, ça rassure, forcément).
Le WE prochain : back to Along Bay
PS : le fil rouge du séjour : les rats vont bien merci, après une microscopique prise par le piège à glu, ils se montrent désormais très prudents…
En effet, les parents ayant débarqué vendredi soir (avec 50 vrais kilos de bagages, dont soit disant 1/3 de trucs pour moi – je m’inscris en faux contre ces exagérations éhontées), nous sommes partis dès samedi vers le sud est de Hanoi, du côté de Hoa Lu, « la baie d’Along terrestre »…
C’était bien ça, sauf que le typhon Lekima avait quand même largement « humidifié » les lieux et même si rien n’était endommagé dans les endroits que nous avons visités, plusieurs sites n’étaient plus accessibles. Cette mauvaise surprise à part, nous avons traversé la campagne et les rizières sous un ciel tout bleu (à son retour, vu le nombre de questions posées, maman pourra écrire une thèse sur la culture du riz, du semis à la batteuse), navigué sur de petites barques en bambous tressés au milieu des pains de sucre au soleil couchant et découvert des paysans hyper chaleureux et étonnamment francophones…
Dimanche, après la victoire à 4 heures du matin des bleus (merci TV5 Monde) et la visite de la cathédrale de Phat Diem (un peu comateuse vu la nuit passée), de retour à Hanoi, les parents ont un peu mieux appréhendé mes conditions de vie difficiles (« on fait tourner une machine à laver ? » – ah non, ça ne va pas être possible, c’est une machine chinoise, on ne comprend ni sa conception ni son mode d’emploi…) avant de se ressaisir rapidement (achat de 4 serpillières et de 2 rouleaux de sopalin, ça rassure, forcément).
Le WE prochain : back to Along Bay
PS : le fil rouge du séjour : les rats vont bien merci, après une microscopique prise par le piège à glu, ils se montrent désormais très prudents…
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