Dimanche, sur la route du retour de la Baie d’Along, on a crevé.
Le chauffeur s’est donc garé sur le bas-côté de la route (on va dire « de l’autoroute » pour donner une idée de la circulation, même s’il n’y avait que 2 voies en tout) et a entrepris de changer le pneu arrière gauche du 4x4. Comme il n’avait pas de signalisation (genre triangle) et qu’il mordait quand même largement sur la voie, maman et moi nous sommes postées en amont et avons commencé à faire des signes (la main de haut en bas) pour faire ralentir les véhicules suivants. Signaux immédiatement interprétés par les conducteurs comme une sollicitation d’auto-stop. On a arrêté.
Après avoir passé 3 ou 4 coups de fil, le chauffeur a trouvé les outils nécessaires (cric et clé). Il a commencé à démonter le pneu, chaque étape étant intégralement commentée par maman, telle l’Eugénie Sacomano de la mécanique automobile (la hauteur du cric, le nombre de boulons, la jante…).
Une fois le pneu enlevé, tentative de sortie de la roue de secours du caisson qui la protège – avec un cadenas – sur la porte arrière. 3 ou 4 coups de fil, et le chauffeur attaque le cadenas avec une pince coupante. Le cadenas résiste. Nouvelle série de 3 ou 4 coups de fil – finalement on trouve le code du cadenas – soulagements.
Sauf que la roue de secours est dégonflée.
Le chauffeur, de plus en plus dépité, nous plante là et part à la recherche de quelque chose. Entre temps, une ou deux familles qui habitent précisément au bord de la route là où on a crevé observent la scène. Et nous proposent des chaises en plastique bleu en attendant. 3 blancs sur leurs chaises en plastique bleu regardant passer les camions au bord de l’autoroute, ça en a interloqué plus d’un sur le chemin…
Au bout d’un certain temps, notre chauffeur revient à l’arrière d’une mobylette, embarque l’énorme roue de secours du 4x4 à l’arrière avec lui et repart.
On s’occupe sur nos chaises plastique en faisant les guignols avec les gamins curieux qui nous regardent à la dérobée et leurs mères qui tentent de discuter.
Encore un certain temps après, notre chauffeur, la mobylette et la roue de secours regonflée sont de retour. Commence le remontage, le cric est en bout de course, la roue ne rentre pas, Sacomano conseille l’ajout d’une pierre plate sous le cric, le chauffeur empile plutôt des grosses pierres, le 4x4 gîte dangereusement. Finalement ça rentre, faut gérer la redescente du cric, le resserrage progressive des boulons – toujours avec les commentaires en stéréo.
Reste à remettre la roue crevée dans le caisson sur la porte arrière et à fermer le tout. Ça ne ferme pas. Après moult explications par mimes, le chauffeur renonce à l’idée de faire un truc beau et met tout ce qui ne tient pas à l’arrière dans le coffre. Et se confond en excuses.
Un peu plus loin sur la route, on croisera encore 2 camions arrêtés sur le bas-côté en train de changer des roues arrières gauche… mais pas de chaises en plastique bleu.
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