Charlotte et moi avons été invitées à dîner par notre guide de la pagode des parfums, Madame Ha.
C’est une jeune femme vietnamienne de 26 ans, francophile, joyeuse et aimant discuter. Elle est guide en semaine au Temple de la Littérature et fait des extras le week-end. Son mari, Dung, est ingénieur électricien. Ils ont une petite fille de 2 ans, My. Ils sont suffisamment atypiques et/ou elle a un caractère suffisamment bien trempé pour avoir pris le large de la belle-famille (NDLR: en effet au Vietnam, traditionnellement, le jeune couple habite dans la famille du mari, ce qui fait que la fille est « perdue » pour sa famille – d’où, en raccourci, les déséquilibres de taux de natalité entre fille et garçon dus aux avortements sélectifs anti-fille, phénomène qui existe ici comme en Chine, en Inde…) et ils habitent donc « tout seul » dans leur appartement.
Le taxi a un peu peiné pour trouver l’immeuble, caché au fin fonds d’un lotissement de la périphérie de Hanoi, du côté du musée d’ethnologie. Sur le trajet aller, on s’était dit avec Charlotte que vu les recommandations sanitaires de l’Ambassade des Etats-Unis en relation avec les rumeurs de choléra – « ne pas manger de fruits de mer et de produits à base de pâte de crevette, ne manger que des plats cuits » – on ferait attention…
Chaussures ôtées, après les présentations d’usage de la petite famille, la première chose qu’on a vu en arrivant dans le salon, au beau milieu de la natte tissée servant de table, c’est le magnifique et énorme plat de crevettes marinées, au milieu des nems de crudités, et de plusieurs autres plats. Un coup d’œil nous a suffi pour nous comprendre : on n’aurait pas le cœur de ne pas y toucher, elle avait dû passer toute sa soirée à mettre les petits plats dans les grands pour nous.
On s’est donc assises en tailleur sur la natte à même le sol, et on a fait un vrai dîner familial vietnamien, avec la télé en fond sonore (on n’était pas mauvaises à questions pour un champion une fois les questions traduites) et la petite faisant le clown autour de nous. On a passé en revue les questions d’usage (l’âge, le statut marital (…), le travail), on a discuté de cinéma français et de voyages, on a ri, on a pris des photos, on a regardé les photos de naissance de My (Ha était consternée d’avoir laissé l’album photo de son mariage au bureau)… Bref, on a passé une vraie soirée, toute simple et sans chichi, chez des gens adorables et ravis de nous recevoir, et c’était tellement bien.
Merci Ha !
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