Non non, je ne vise pas mes colocs occasionnels que sont les quelques lézards, cafards et autres souris (pour ne pas prononcer le mot rats – 2 dénombrés jusqu’à présent, une paille – qui prennent un malin plaisir, les fourbes, à s’agiter sous mon lit quand il serait temps, pour eux comme pour moi, de dormir – je songe à compléter ma panoplie d’accessoires vietnamiens par un chat…), non non, je voulais vous parler de Tim et Géraldine.
Tim et Géraldine, les premiers à inaugurer ma guesthouse (espérons que ce sera moins rock & roll pour les suivants), sont donc arrivés samedi dernier vers 23 h à la maison – l’avion était en retard, normal, du coup les restos à Hanoi étaient fermés, normal, du coup on n’a pas dîné, normal… (mais si on a dîné en fait, faut pas croire tout ce que je vous raconte – j’ai toujours de la vache qui rit dans le frigo).
Non, la vraie blague, c’est qu’avant d’arriver à Hanoi, leur hôtel douze étoiles à Hoi An leur a paumé leur passeport.
Et qu’ils s’en sont rendu compte évidemment au moment du check-out, à quelques heures du décollage de leur avion (avion qui naturellement ne nécessite pas du tout la production d’un passeport pour embarquer…).
Et que la personne de l’Ambassade de France (dont nous tairons le nom par charité) de permanence le samedi n’était pas joignable – c’était le week-end… (d’ailleurs, c’était la même personne de permanence le dimanche et elle n’était pas plus joignable : c’était toujours le week-end… - d’où le concept de « permanence »).
Bref, ils sont quand même arrivés chez moi mais leurs derniers jours de vacances ont plutôt été consacrés à la découverte de monuments méconnus de la culture viet : le commissariat de quartier pour faire la déclaration de perte (à Sapa, à Hanoi, avec ou sans traducteur viet…).
A part ça, on a décidé de ne pas se laisser abattre et on a fait sa fête au buffet de chocolat du Métropole (truffes, macarons, fondue de fruits au chocolat, éclairs… c’était B-ON-ON-OON).
M’est avis que c’était sûrement la bonne stratégie puisque le susmentionné hôtel 12 étoiles à Hoi An (dont nous tairons le nom par charité) a finalement retrouvé les susmentionnés passeports… la veille du départ définitif de Tim et Géraldine… Entre-temps, l’Ambassade à Hanoi avait naturellement lancé la production de nouveaux passeports temporaires : arrivés avec 1 passeport chacun, ils sont passés par zéro et ont failli repartir avec 2 ! Qui dit mieux ?
Prochain épisode : mon propre périple dans le centre et le sud du pays la semaine prochaine…
jeudi 16 août 2007
mercredi 8 août 2007
Nha Trang, sa plage et sa mer turquoise
Je suis donc partie comme prévu le WE dernier pour un peu de farniente dans la moitié sud du pays. Départ d’Hanoi sous un ciel bleu radieux. Arrivée à Nha Trang : timing impeccable – 2 jours de pluie (une queue de typhon parait-il…).
Nha Trang, sa plage et sa mer grise donc. Adieu veau, vache, cochon, cabotage entre les îles et bronzage…
Entre les gouttes, j’ai quand même eu le temps de voir les 2 ou 3 « hauts » lieux de la ville : un site Cham (Po Nagar), une pagode avec un énorme Bouddha blanc de 16 mètres de haut surplombant une colline, et le plus joli à mon goût, les bateaux bleus des pêcheurs serrés dans le petit port de la ville.
Une ville assez ambivalente d’ailleurs : le front de mer (style promenade des anglais) est exclusivement touristique ; la plage est jolie, bordée de palmiers, mais ne tardera pas si ça continue à être défigurée par les buildings en construction derrière ; que des bars, hôtels, restaurants et commerces pour touristes dans cette partie-là ; pas un seul vietnamien de la vraie vie n’habite ici. L’arrière de la ville est lui sans charme ni intérêt particulier, la route qui arrive de l’aéroport passe par des endroits complètement défoncés, pas un seul « tây » (étranger) de la vraie vie n’habite ici. La séparation des deux types de populations saute aux yeux, le point de contact ne peut être que commercial, de jour du moins.
En revanche, le soir, Nha Trang est éminemment plus sympathique : effluves des barbecues de langoustes et autres tiger prawns directement cuisinées sur le trottoir à l’entrée des restaurants, bars sur la plage ouverts tard et accueillant indifféremment touristes et locaux au son d’une musique « normale » (exit la techno-pop asiatique)… Les gens s’avèrent être bien plus chaleureux et curieux de l’étranger de passage qu’à Hanoi (même si la spontanéité des « working girls », toujours présentes, ici comme ailleurs, est évidemment douteuse – difficile d’ailleurs d’éviter de juger les vieux tây bedonnants accompagnés de jeunes et jolies vietnamiennes au regard ailleurs…).
En fait, c’est l’occasion de vérifier cette puissante réflexion philosophique selon laquelle « dans chaque pays, il y a un Nord et un Sud » : en l’occurrence, au-delà des questions d’accents (dont mon niveau de vietnamien me permet difficilement de percevoir les nuances), Hanoi La Grande Ville adopte semble-t-il des traits très parisiens – distance, condescendance à l’égard de la province, fonctionnement par petits cercles – et Nha Trang Le Petit Bled serait disons plus proche de Nice ou de Bayonne – il fait beau, il fait chaud, prenons donc un verre ensemble.
Au final, une excursion pas si loupée que ça et fleurant bon les vacances !
Nha Trang, sa plage et sa mer grise donc. Adieu veau, vache, cochon, cabotage entre les îles et bronzage…
Entre les gouttes, j’ai quand même eu le temps de voir les 2 ou 3 « hauts » lieux de la ville : un site Cham (Po Nagar), une pagode avec un énorme Bouddha blanc de 16 mètres de haut surplombant une colline, et le plus joli à mon goût, les bateaux bleus des pêcheurs serrés dans le petit port de la ville.
Une ville assez ambivalente d’ailleurs : le front de mer (style promenade des anglais) est exclusivement touristique ; la plage est jolie, bordée de palmiers, mais ne tardera pas si ça continue à être défigurée par les buildings en construction derrière ; que des bars, hôtels, restaurants et commerces pour touristes dans cette partie-là ; pas un seul vietnamien de la vraie vie n’habite ici. L’arrière de la ville est lui sans charme ni intérêt particulier, la route qui arrive de l’aéroport passe par des endroits complètement défoncés, pas un seul « tây » (étranger) de la vraie vie n’habite ici. La séparation des deux types de populations saute aux yeux, le point de contact ne peut être que commercial, de jour du moins.
En revanche, le soir, Nha Trang est éminemment plus sympathique : effluves des barbecues de langoustes et autres tiger prawns directement cuisinées sur le trottoir à l’entrée des restaurants, bars sur la plage ouverts tard et accueillant indifféremment touristes et locaux au son d’une musique « normale » (exit la techno-pop asiatique)… Les gens s’avèrent être bien plus chaleureux et curieux de l’étranger de passage qu’à Hanoi (même si la spontanéité des « working girls », toujours présentes, ici comme ailleurs, est évidemment douteuse – difficile d’ailleurs d’éviter de juger les vieux tây bedonnants accompagnés de jeunes et jolies vietnamiennes au regard ailleurs…).
En fait, c’est l’occasion de vérifier cette puissante réflexion philosophique selon laquelle « dans chaque pays, il y a un Nord et un Sud » : en l’occurrence, au-delà des questions d’accents (dont mon niveau de vietnamien me permet difficilement de percevoir les nuances), Hanoi La Grande Ville adopte semble-t-il des traits très parisiens – distance, condescendance à l’égard de la province, fonctionnement par petits cercles – et Nha Trang Le Petit Bled serait disons plus proche de Nice ou de Bayonne – il fait beau, il fait chaud, prenons donc un verre ensemble.
Au final, une excursion pas si loupée que ça et fleurant bon les vacances !
mercredi 1 août 2007
Une quasi vietnamienne
(chronique interdite à la lecture de papa et maman)
Les semaines passent, on atteint déjà le mois d’août, et je continue à me fondre de plus en plus dans la masse hanoienne (étant toujours blanche et blondasse, vous comprendrez ce que ça veut dire…).
Après la maison avec clim, j’ai désormais comme accessoires indiscutablement viet les tongs en plastique made in Vietnam, un numéro de portable viet, un compte à la Vietcom Bank (l’info économique pour les avertis : ce n’est pas très couleur local ça car les gens ici utilisent surtout du liquide et n’ont pas de compte en banque), la marque sur le mollet droit (rapport au xe om), un répertoire d’une vingtaine de mots et expressions (parmi lesquels les très usités « combien ça coûte ? » et « trop cher »), un vélo, et depuis vendredi dernier… une moto…. (silence consterné dans l’assistance, papa et maman, on avait dit que vous ne deviez pas lire).
Au départ, le constat est simple : même si la ville est globalement plate, il fait trop chaud pour pédaler sous le cagnard et les distances entre les points névralgiques de la ville (chez moi – la boîte du samedi soir) sont dissuasives. Du coup, après un mois d’observation des us et coutumes routières (cf. ma première chronique), je me suis dit qu’il fallait se lancer.
Monsieur Tung – fournisseur officiel des avocats sis Ly Thuong Kiet – est donc arrivé vendredi soir au bureau avec une magnifique Honda « wave » bleue de 110 cm3 (avec un petit panier devant pour le shopping) pesant un âne mort.
Petites explications rapides (les boutons, les pédales, les vitesses) et devant mon air manifestement futé, direction le terre plein central devant le palais soviéto-viet à côté de chez moi pour faire des tours (à droite, à gauche, freiner, le gros niveau technique quoi…). Pour celles et ceux qui ne s’y connaîtraient pas plus que moi, en gros, il y a 4 vitesses et un point mort, la première est la plus nerveuse et ensuite, plus on monte les rapports, plus c’est censé être tranquille à conduire – comme la cinquième sur l’autoroute en voiture – sauf que là on peut s’arrêter et re-démarrer en 4e sans caler (et là, les perspicaces ont compris que j’avais décroché).
Bref, j’ai fait des ronds – en calculant que si je voulais avoir une chance de tourner à un carrefour ici, fallait absolument que je trouve le moyen de réduire le diamètre de mes cercles à moins de 50 mètres… – sous la surveillance imperturbable de Monsieur Tung qui, à chaque arrêt pour débrieffer, me disait « better, better… One more time » et ça a duré une vraie heure… On a fini par rentrer chez moi et là, je me suis dit que la dernière fois que je me suis sentie aussi spontanément à l’aise avec un truc motorisé, c’était quand j’ai conduit à gauche (avec le volant à droite) en Australie…
Au final, après quelques nouvelles tentatives pas plus convaincantes (je n’ai toutefois écrasé personne, pour les mauvais esprits qui auraient des doutes), j’ai décidé, un peu piteuse, de passer la moto par pertes et profits et ai re-découvert des charmes insoupçonnés au vélo…
Prochaine destination : Nha Trang (plages et mer turquoise).
Les semaines passent, on atteint déjà le mois d’août, et je continue à me fondre de plus en plus dans la masse hanoienne (étant toujours blanche et blondasse, vous comprendrez ce que ça veut dire…).
Après la maison avec clim, j’ai désormais comme accessoires indiscutablement viet les tongs en plastique made in Vietnam, un numéro de portable viet, un compte à la Vietcom Bank (l’info économique pour les avertis : ce n’est pas très couleur local ça car les gens ici utilisent surtout du liquide et n’ont pas de compte en banque), la marque sur le mollet droit (rapport au xe om), un répertoire d’une vingtaine de mots et expressions (parmi lesquels les très usités « combien ça coûte ? » et « trop cher »), un vélo, et depuis vendredi dernier… une moto…. (silence consterné dans l’assistance, papa et maman, on avait dit que vous ne deviez pas lire).
Au départ, le constat est simple : même si la ville est globalement plate, il fait trop chaud pour pédaler sous le cagnard et les distances entre les points névralgiques de la ville (chez moi – la boîte du samedi soir) sont dissuasives. Du coup, après un mois d’observation des us et coutumes routières (cf. ma première chronique), je me suis dit qu’il fallait se lancer.
Monsieur Tung – fournisseur officiel des avocats sis Ly Thuong Kiet – est donc arrivé vendredi soir au bureau avec une magnifique Honda « wave » bleue de 110 cm3 (avec un petit panier devant pour le shopping) pesant un âne mort.
Petites explications rapides (les boutons, les pédales, les vitesses) et devant mon air manifestement futé, direction le terre plein central devant le palais soviéto-viet à côté de chez moi pour faire des tours (à droite, à gauche, freiner, le gros niveau technique quoi…). Pour celles et ceux qui ne s’y connaîtraient pas plus que moi, en gros, il y a 4 vitesses et un point mort, la première est la plus nerveuse et ensuite, plus on monte les rapports, plus c’est censé être tranquille à conduire – comme la cinquième sur l’autoroute en voiture – sauf que là on peut s’arrêter et re-démarrer en 4e sans caler (et là, les perspicaces ont compris que j’avais décroché).
Bref, j’ai fait des ronds – en calculant que si je voulais avoir une chance de tourner à un carrefour ici, fallait absolument que je trouve le moyen de réduire le diamètre de mes cercles à moins de 50 mètres… – sous la surveillance imperturbable de Monsieur Tung qui, à chaque arrêt pour débrieffer, me disait « better, better… One more time » et ça a duré une vraie heure… On a fini par rentrer chez moi et là, je me suis dit que la dernière fois que je me suis sentie aussi spontanément à l’aise avec un truc motorisé, c’était quand j’ai conduit à gauche (avec le volant à droite) en Australie…
Au final, après quelques nouvelles tentatives pas plus convaincantes (je n’ai toutefois écrasé personne, pour les mauvais esprits qui auraient des doutes), j’ai décidé, un peu piteuse, de passer la moto par pertes et profits et ai re-découvert des charmes insoupçonnés au vélo…
Prochaine destination : Nha Trang (plages et mer turquoise).
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