mercredi 19 décembre 2007

Papier bulle

Je sais que je vous avais promis le Cambodge (impressionnant / sous le soleil / plein de touristes) mais je voulais vous raconter une dernière aventure avant mon retour en France et l’auto-destruction de ce blog.

En vue dudit retour, j’ai commencé à me préoccuper de mon déménagement. Je vous passe d’abord la recherche du transporteur habilité – enquête marketing comparative intercontinentale Hanoi / Paris. J’ai par ailleurs acheté une grosse cantine pour transporter les quelques objets un peu volumineux que j’ai accumulés – essentiellement des cadres, une lampe, un vase, bref, que des trucs pratiques (comprendre fragiles). Je me suis également dit que pour éviter de réceptionner des miettes à Paris, ça serait pas mal d’utiliser du papier bulle pour envelopper le tout.

La quête a donc commencé…

Après plusieurs recherches non guidées infructueuses, j’ai demandé l’avis d’une collègue, qui m’a donné une adresse dans la vieille ville.

Samedi, sur mon vélo, je me pointe au lieu dit – pas de bol, c’est une boutique de fringues. Comme il se trouve que dans le reste de la rue, ils ont l’air de vendre du matériel – gaines électriques, tubes en plastique, manchons auto soudeurs (private joke maman) – qui pourraient éventuellement avoir un rapport, certes lointain, avec du papier bulle (y’a du plastique dedans), je me dis que c’est quand même là qu’il faut chercher…

Me voilà donc à tenter d’expliquer ce que je cherche aux vendeurs du coin. Evidemment je ne connais pas l’expression en vietnamien, du coup, je fais mon numéro de guignol habituel (mimes, bruitages et dessins). Certains ne cherchent même pas à comprendre, d’autres sont perplexes, d’autres enfin m’indiquent d’autres rues – jamais la même au demeurant, c’est ça qui est un peu embêtant…

Bref, après avoir tournicoté un certain temps, c’est l’échec total. J’abandonne ma quête pour faire du shopping et tombe sur une vendeuse très gentille et parlant un anglais fort compréhensible. Je tente de lui expliquer ce que je cherche, elle semble comprendre, m’explique qu’il n’y a pas d’expression correspondante en vietnamien (c’est pratique) et se lance dans la rédaction d’une note de 5 lignes en vietnamien, accompagnées de dessins, à soumettre aux prochains vendeurs sollicités. Au passage, elle aussi me donne une adresse – encore différente.

Hyper rassurée et convaincue que cette fois, ça va marcher, je renfourche ma bicyclette et me relance dans les rues de la vieille ville… sans plan. Quelques temps plus tard, complètement paumée, je demande mon chemin et recommence le petit jeu de ping pong d’une rue à l’autre. Bref, je trouve finalement l’adresse et un truc qui n’est pas du papier bulle mais qui pourrait en faire office (on va appeler ça du papier mousse)…

Après une négociation de folie avec la vendeuse (elle n’a pas lâché un dong, alors que je lui ai acheté 3 fois plus de trucs que prévu), j’ai embarqué ma-ficelle-qui-n’en-est-pas, mes sangles-qui-n’en-sont-pas-non-plus et mon-papier-bulle-qui-en-est-presque sur mon porte bagage, tellement contente quand tout se passe aussi facilement…

A côté de ça, je m’attendais à l’enfer sur terre pour fermer mon compte en banque viet (genre tango d’un guichet à l’autre tant que l’intégralité des 12.000 justificatifs n’ont pas été tamponnés dans la bonne couleur) et ça a en fait été miraculeux : ½h d’attente mais aucun justificatif autre que le passeport et j’ai récupéré mes billes moyennant le paiement d’une commission ridicule – m’est avis que la petite jeune au guichet était nouvelle et a fait un certain nombre de loupés dans la procédure interne…

jeudi 13 décembre 2007

Je suis amoureuse…

… du Laos. Explications en quelques mots clés.

Circulation : 10 fois moins de trafic dans les rues de Vientiane qu’à Hanoi, autant d’autos (pick up) que de motos, et surtout pas de klaxon. Une personne a klaxonné une fois, et tout le monde s’est retourné, surpris. L’opposition de style avec le Vietnam commence donc visuellement, avec cette impression qu’il n’y a personne dans les rues (ce qui n’est pas complètement faux d’ailleurs : 5 millions de Laotiens contre 80 et quelques millions de vietnamiens, sur une surface en gros des 2 tiers).

Coolitude : pas d’agitation, pas de frénésie ici, c’est paisible et relax. Du coup, on est bien forcé de s’adapter (farniente, sieste et foot massage). Ça semble quasi miraculeux que les laotiens aient réussi à conserver un si grand territoire doté de ressources naturelles enviées de ses voisins (surtout le bois) avec si peu d’habitants et surtout un tempérament si placide (un petit poisson entouré de requins disait mon guide).

Doré : couleur la plus utilisée dans les temples, avec plus ou moins de réussite (cf. That Luang). Curieuse impression d’une richesse inouïe dans beaucoup de sites alors que les gens sont quand même globalement très pauvres.

Luang Prabang : cocktail qui décoiffe : 1/3 de jungle caraïbe, 1/3 de far west colonial, 1/3 de temples.

Musique : euh, comment dire… c’est spécial : à Vientiane, lors de la fête du That Luang, on aurait dit une espèce de goa entêtante. Sur l’île de Khong, lors de la fête annuelle du village, on s’approchait d’un mélange de ska et de Charly Oleg (si si, c’est possible).

Parents : les petits laotiens ont des parents en or ! On voit sans cesse des pères et des mères (à égalité) cajoler leurs enfants, les porter dans leurs bras, les câliner…

Physique : j’appartiens aux 5% des gens les plus grands (hommes et femmes confondus), c’est dire…

Religion : bon, suis pas sure d’avoir tout compris au Petit et au Grand Véhicule du Bouddhisme mais en gros, vous avez l’école du Sud (Thailande, Sri Lanka, Cambodge, Laos) d’un côté et l’école du Nord (Chine, Népal, Vietnam) de l’autre. Visuellement en tout cas, ça donne des vat (temples, pagodes) de style architecturaux très différents et surtout des moines (bonzes) beaucoup plus visibles et intégrés dans la vie quotidienne des gens au Laos et au Cambodge (l’aumône du matin aux robes safran à travers la ville de Luang Prabang est assez spectaculaire).

That Luang : le premier soir de mon arrivée correspondait à une grande fête au That Luang de Vientiane, construction emblématique du Laos (genre la Tour Eiffel) reproduite notamment sur les billets de banque. Sa particularité : elle est entièrement dorée. Le soir, avec les illuminations et les feux d’artifice allumés à la main à la bougie (ça a mis le temps) quand la pleine lune était dans l’axe du stupa principal, c’était juste époustouflant…

Tourisme : incroyable mais vrai : le Laos est un pays magnifique et il y a si peu de touristes !!! Autant dire que le contraste avec Siem Reap (Angkor) fut rude…

Vat Sisaket : mon coup de cœur à Vientiane, c’est un vieux temple entouré comme un cloître, il n’a pas de couleurs rutilantes et de dorures flambant neuves, au contraire, son vieil enduit ocre s’effrite doucement, c’est de la tendresse qui part en miettes…

La suite (le Cambodge) au prochain numéro !

mercredi 14 novembre 2007

Ha, Dung et My

Charlotte et moi avons été invitées à dîner par notre guide de la pagode des parfums, Madame Ha.

C’est une jeune femme vietnamienne de 26 ans, francophile, joyeuse et aimant discuter. Elle est guide en semaine au Temple de la Littérature et fait des extras le week-end. Son mari, Dung, est ingénieur électricien. Ils ont une petite fille de 2 ans, My. Ils sont suffisamment atypiques et/ou elle a un caractère suffisamment bien trempé pour avoir pris le large de la belle-famille (NDLR: en effet au Vietnam, traditionnellement, le jeune couple habite dans la famille du mari, ce qui fait que la fille est « perdue » pour sa famille – d’où, en raccourci, les déséquilibres de taux de natalité entre fille et garçon dus aux avortements sélectifs anti-fille, phénomène qui existe ici comme en Chine, en Inde…) et ils habitent donc « tout seul » dans leur appartement.

Le taxi a un peu peiné pour trouver l’immeuble, caché au fin fonds d’un lotissement de la périphérie de Hanoi, du côté du musée d’ethnologie. Sur le trajet aller, on s’était dit avec Charlotte que vu les recommandations sanitaires de l’Ambassade des Etats-Unis en relation avec les rumeurs de choléra – « ne pas manger de fruits de mer et de produits à base de pâte de crevette, ne manger que des plats cuits » – on ferait attention…

Chaussures ôtées, après les présentations d’usage de la petite famille, la première chose qu’on a vu en arrivant dans le salon, au beau milieu de la natte tissée servant de table, c’est le magnifique et énorme plat de crevettes marinées, au milieu des nems de crudités, et de plusieurs autres plats. Un coup d’œil nous a suffi pour nous comprendre : on n’aurait pas le cœur de ne pas y toucher, elle avait dû passer toute sa soirée à mettre les petits plats dans les grands pour nous.

On s’est donc assises en tailleur sur la natte à même le sol, et on a fait un vrai dîner familial vietnamien, avec la télé en fond sonore (on n’était pas mauvaises à questions pour un champion une fois les questions traduites) et la petite faisant le clown autour de nous. On a passé en revue les questions d’usage (l’âge, le statut marital (…), le travail), on a discuté de cinéma français et de voyages, on a ri, on a pris des photos, on a regardé les photos de naissance de My (Ha était consternée d’avoir laissé l’album photo de son mariage au bureau)… Bref, on a passé une vraie soirée, toute simple et sans chichi, chez des gens adorables et ravis de nous recevoir, et c’était tellement bien.

Merci Ha !

mardi 13 novembre 2007

Les démarcheuses

Hier matin, on sonne à la porte comme je m’en allais au bureau.

Deux dames se présentent, l’une me dit « Ve sinh » (WC) et me tend direct un imprimé rouge sur lequel elle inscrit prestement l’adresse, la date, le montant de 300.000 dongs, sa signature et elle me demande de signer.

Un coup d’œil pour vérifier ce que je pressentais, pas un seul mot identifiable sur l’imprimé rouge. Pas d’uniforme non plus ou de badge sur lesdites dames – diantre, si c’est une inspection sanitaire, ça s’annonce corsé.

Je temporise et indique je ne comprends pas (ça je sais faire depuis le temps).

La deuxième dame me tend alors des petits sachets sous plastique et un imprimé portant le logo d’une entreprise chimique allemande. Vu les dessins, il s’agit manifestement d’une poudre à mettre dans l’eau des toilettes.

Hum hum, elles veulent donc me vendre un truc.

Je tente un « non », mais la première n’a pas l’air de considérer que c’est une option possible, et re-tend aussi sec son imprimé rouge sur lequel il ne fait pas de doute que je dois payer 300.000 dongs.

Je tente de demander une traduction en anglais du fameux imprimé (au cas où il serait écrit que ce truc-là est obligatoire) mais ça ne fait pas avancer le schmilblick car la deuxième me montre illico 3 billets de 100.000 (au cas où je n’aurais pas compris les chiffres).

Je temporise toujours dans l’espoir d’une victoire finale sur l’arnaque par découragement et le miracle se produit : ma voisine apparaît, enfin elle sort de chez elle, aperçoit les démarcheuses et les envoie promener d’une superbe gueulante en me faisant des « non non » de la main pour que surtout je n’achète rien.

J’adore ma voisine.

mercredi 7 novembre 2007

J’aime / j’aime pas

J’aime :

- mon dernier WE à Mai Chau, la campagne, les canards, les maisons sur pilotis, le ciel bas, la fraîcheur, le calme, une ambiance automnale, les femmes qui tissent des écharpes colorées à des prix imbattables, la fièvre acheteuse, la ballade dans la forêt, les bouses de buffle, les repas délicieux et gargantuesques ;
- l’énergie et l’envie des gens de faire quelque chose de leur vie (ambiance trente glorieuses) même si après, dans la mise en œuvre, ça peut être désinvolte ;
- les avenues bordées d’arbres (et tout particulièrement l’arche de bambous qui est près du bureau) dans le centre ville de Hanoi ;
- les mamies qui vendent des roses et des lotus près de la pagode des ambassadeurs ;
- les vieilles maisons coloniales (aujourd’hui souvent des ambassades) aux belles marquises et aux beaux enduits (pardon pour le cliché, il en fallait au moins un) ;
- l’automne à Hanoi, il fait beau et bon, pas trop chaud et pas humide, c’est un bonheur ;
- le caractère de cochon des viet (si proche de nous) ;
- mes voisines qui me tapent toujours la discut’ même si je ne comprends toujours rien ;
- les cafés internet avec l’internet wifi gratos ;
- la cabine téléphérique (très La Plagne) pour monter à la pagode des parfums (un peu flemmarde sur ce coup-là) et l’imagination enfantine des vietnamiens pour trouver dans les stalactites de ladite pagode des formes reconnaissables (idem à la Baie d’Along) ;
- les démarches pour obtenir un visa à l’ambassade du Laos : le visa à 30 $ (+5$ si en moins de 6 heures) contre 50 € en France, le petit jeu pour trouver comment a été élaborée la grille des tarifs différenciés selon les pays (au 1er novembre, les + taxés : Etats-Unis, Allemagne, Nouvelle Zélande à 45$ ; la France au milieu avec des pays africains et d’Europe de l’Est ; le moins taxé : la Malaisie à 8$), les erreurs de recopiage des données personnelles sur ledit visa (« c’est pas grave, c’est pas ça que regarde la police des frontières » - ???) ;
- le chaos des rues ;

J’aime pas :

- les grosses chaleurs du mois d’août ;
- la façon de conduire une voiture des hanoiens (il faudrait inventer une vitesse spéciale pour eux : la demi, surtout quand ils font demi-tour au beau milieu d’une avenue et bloquent tout pendant 10 minutes) ;
- la pollution qui me fait tousser (depuis trop longtemps maintenant) ;
- le style des nouvelles maisons construites hors du centre, très haut très étroit et soit disant haussmannien (mouaif, haussmannien à la sauce Walt Disney alors…) ;
- le marteau-piqueur tous les jours dès 6h30 ;
- les typhons et inondations qui ravagent le centre du pays ;
- entendre la musique de « qui veut gagner des millions ? » et « la nouvelle star » certains soirs chez tous mes voisins (les vietnamiens sont fous de leur télé, c’est l’occupation du soir de toute la famille) ;
- les lieux publics fumeurs (restos, bars, etc.) ;
- les rumeurs de choléra à Hanoi ;
- le chaos des rues ;

(liste non exhaustive)

vendredi 19 octobre 2007

L’hôpital français de Hanoi

Non, je ne me suis pas fait exprès renverser en vélo pour le plaisir d’avoir quelque chose de nouveau et couleur locale à vous raconter… C’est juste qu’au bout de 3 semaines à tousser, je me suis dit qu’il pourrait être temps d’aller voir un médecin et, le goût de l’aventure me faisant curieusement défaut sur ce sujet là, je préférais être sûre de me faire bien comprendre.

J’ai donc d’abord pris rendez-vous par téléphone – « c’est ça, comme Alexandre » – l’après-midi même, avec un-médecin-vietnamien-mais-ayant-travaillé-en-France-et-parlant-donc-très-bien-français, selon la standardiste.

L’hôpital est un bâtiment tout moderne, très grand, avec toutes les spécialités possibles et imaginables – consultation en urgence, consultation psychiatrique, chirurgie cardiaque, urologie… – sauf que pas moyen de trouver celle qui m’intéressait moi – médecine générale. La standardiste m’avait bien dit de me présenter au 1er étage 10 minutes avant le rendez-vous pour remplir des papiers, sauf que gros dilemme : 1er étage à la viet ou à la française ? (NDLR pour les non initiés : les vietnamiens comptent les étages à l’américaine : le 1er étage pour eux est le rez-de-chaussée pour nous).

J’opte pour le 1er étage à la française, me présente à l’accueil, signale que j’ai pris rendez-vous – « oui, comme Alexandre » – la fille vérifie quelque chose sur son ordinateur, me tend un formulaire à remplir (« avez-vous déjà eu une des affections suivantes ? » suivie de 2 colonnes de noms de maladies en anglais / latin – j’ai manqué de vocabulaire), je rends le formulaire, la fille me demande ce que j’ai, « je tousse », « ah mais vous ne consultez pas un spécialiste alors c’est au rez-de-chaussée »…

Bon, elle a eu la gentillesse de ne pas me faire refaire les 50 croix dans les 2 colonnes et de m’accompagner au rez-de-chaussée pour expliquer à son alter ego de l’étage du dessous que oui, comme Alexandre, elle avait déjà vérifié sur l’ordinateur.

Le médecin parlait effectivement correctement français, en tout cas il avait un beau « AP HP » brodé sur sa blouse blanche. On discute un peu, il est très amical, semble assez à l’aise pour établir son diagnostic. Puis me demande :

- « Vous faites quoi ici ? »
- « Je suis avocat »
- « (…) Bon, on va faire une radio des poumons – je sais ce que vous avez mais il faut toujours vérifier… »
- « ??? » (serait-ce une pneumonie, la tuberculose, le SRAS, le H5N1 ???)
- « Et au passage, vous n’êtes pas enceinte, vous êtes sûre ? » – il insiste lourdement et a presque l’air de me prendre pour une cachottière – « Non, parce qu’après, il peut y avoir des procès… ».

Ca a fini de me rassurer sur l’authenticité de sa formation en France…

Après, grand moment encore de culture vietnamienne lors de la radio – « s’il vous plait madame inspirez s’il vous plait bloquez s’il vous plait madame ».

Bref, tout ça pour confirmer ce qu’on savait depuis le départ – bronchite + angine – mais au moins on est sûr… Le médecin m’a donné des médicaments en me précisant : « ils ne vont pas supprimer la toux » – euh, rappelez-moi pourquoi je viens vous voir au fait ??? Mais pour avoir un truc à raconter sur mon blog, bien sûr…

mardi 16 octobre 2007

L’attraction touristique du jour

Dimanche, sur la route du retour de la Baie d’Along, on a crevé.

Le chauffeur s’est donc garé sur le bas-côté de la route (on va dire « de l’autoroute » pour donner une idée de la circulation, même s’il n’y avait que 2 voies en tout) et a entrepris de changer le pneu arrière gauche du 4x4. Comme il n’avait pas de signalisation (genre triangle) et qu’il mordait quand même largement sur la voie, maman et moi nous sommes postées en amont et avons commencé à faire des signes (la main de haut en bas) pour faire ralentir les véhicules suivants. Signaux immédiatement interprétés par les conducteurs comme une sollicitation d’auto-stop. On a arrêté.

Après avoir passé 3 ou 4 coups de fil, le chauffeur a trouvé les outils nécessaires (cric et clé). Il a commencé à démonter le pneu, chaque étape étant intégralement commentée par maman, telle l’Eugénie Sacomano de la mécanique automobile (la hauteur du cric, le nombre de boulons, la jante…).

Une fois le pneu enlevé, tentative de sortie de la roue de secours du caisson qui la protège – avec un cadenas – sur la porte arrière. 3 ou 4 coups de fil, et le chauffeur attaque le cadenas avec une pince coupante. Le cadenas résiste. Nouvelle série de 3 ou 4 coups de fil – finalement on trouve le code du cadenas – soulagements.

Sauf que la roue de secours est dégonflée.

Le chauffeur, de plus en plus dépité, nous plante là et part à la recherche de quelque chose. Entre temps, une ou deux familles qui habitent précisément au bord de la route là où on a crevé observent la scène. Et nous proposent des chaises en plastique bleu en attendant. 3 blancs sur leurs chaises en plastique bleu regardant passer les camions au bord de l’autoroute, ça en a interloqué plus d’un sur le chemin…

Au bout d’un certain temps, notre chauffeur revient à l’arrière d’une mobylette, embarque l’énorme roue de secours du 4x4 à l’arrière avec lui et repart.

On s’occupe sur nos chaises plastique en faisant les guignols avec les gamins curieux qui nous regardent à la dérobée et leurs mères qui tentent de discuter.

Encore un certain temps après, notre chauffeur, la mobylette et la roue de secours regonflée sont de retour. Commence le remontage, le cric est en bout de course, la roue ne rentre pas, Sacomano conseille l’ajout d’une pierre plate sous le cric, le chauffeur empile plutôt des grosses pierres, le 4x4 gîte dangereusement. Finalement ça rentre, faut gérer la redescente du cric, le resserrage progressive des boulons – toujours avec les commentaires en stéréo.

Reste à remettre la roue crevée dans le caisson sur la porte arrière et à fermer le tout. Ça ne ferme pas. Après moult explications par mimes, le chauffeur renonce à l’idée de faire un truc beau et met tout ce qui ne tient pas à l’arrière dans le coffre. Et se confond en excuses.

Un peu plus loin sur la route, on croisera encore 2 camions arrêtés sur le bas-côté en train de changer des roues arrières gauche… mais pas de chaises en plastique bleu.

mercredi 10 octobre 2007

French connection

Après plusieurs semaines et week-ends passés à Hanoi à travailler la culture (théâtre : pièce contemporaine improbable – « why the spider spins her web », rien que le titre on aurait dû sentir le coup venir – à base de projections vidéo sur un cube de verre à l’intérieur duquel une femme, vêtue de blanc, fait des vocalises sur une bande-son de marteau piqueur… / opéra : La Flûte Enchantée, l’intérêt en l’occurrence étant plus dans le cadre – bâtiment assez proche de l’opéra Garnier – que dans la performance scénique / cinéma : petit festival de films mexicains tous inconnus et tous très biens), le temps des excursions est revenu…

En effet, les parents ayant débarqué vendredi soir (avec 50 vrais kilos de bagages, dont soit disant 1/3 de trucs pour moi – je m’inscris en faux contre ces exagérations éhontées), nous sommes partis dès samedi vers le sud est de Hanoi, du côté de Hoa Lu, « la baie d’Along terrestre »…

C’était bien ça, sauf que le typhon Lekima avait quand même largement « humidifié » les lieux et même si rien n’était endommagé dans les endroits que nous avons visités, plusieurs sites n’étaient plus accessibles. Cette mauvaise surprise à part, nous avons traversé la campagne et les rizières sous un ciel tout bleu (à son retour, vu le nombre de questions posées, maman pourra écrire une thèse sur la culture du riz, du semis à la batteuse), navigué sur de petites barques en bambous tressés au milieu des pains de sucre au soleil couchant et découvert des paysans hyper chaleureux et étonnamment francophones…

Dimanche, après la victoire à 4 heures du matin des bleus (merci TV5 Monde) et la visite de la cathédrale de Phat Diem (un peu comateuse vu la nuit passée), de retour à Hanoi, les parents ont un peu mieux appréhendé mes conditions de vie difficiles (« on fait tourner une machine à laver ? » – ah non, ça ne va pas être possible, c’est une machine chinoise, on ne comprend ni sa conception ni son mode d’emploi…) avant de se ressaisir rapidement (achat de 4 serpillières et de 2 rouleaux de sopalin, ça rassure, forcément).

Le WE prochain : back to Along Bay

PS : le fil rouge du séjour : les rats vont bien merci, après une microscopique prise par le piège à glu, ils se montrent désormais très prudents…

vendredi 21 septembre 2007

Bangkok

Et oui, une petite infidélité au Vietnam puisque je suis partie le WE dernier à Bangkok. Autant le dire tout de suite : ils ne font pas dans le minimalisme…

Déjà, à l’arrivée à l’aéroport à minuit, je me croyais en pleine science fiction : avec ses multiples étages soulignés de câbles, d’acier et de néons bleus, le nouvel aérogare, immense, aurait pu faire la scène d’ouverture de Star Wars 6 (enfin le dernier qui est le 3e). Ensuite, vous prenez les buildings de La Défense et vous les collez le long des 35 km de route qui séparent l’aéroport de la ville, et vous n’êtes pas loin du compte, les architectes se sont fait plaisir sur les gratte-ciels…

Pour faire simple, la ville est tentaculaire (10 millions d’habitants), autant dire qu’en 2 jours j’ai rien vu. Du coup, pour l’optimisation des déplacements en ville : à pied on va nulle part, c’est pas fait pour d’ailleurs ; plus rapide et pas cher : le taxi-meter (enfin quand ça les intéresse de vous prendre et de mettre le compteur) ; encore plus rapide que le taxi : le tuk tuk (un pousse pousse sur une mobylette, surnommé ainsi je pense à cause des battements de cœur des passagers à l’arrière : tuktuk- tuktuk- tuktuk- tuktuk- tuktuk- tuktuk- tuktuk- tuktuk- tuktuk- tuktuk- tuktuk – 250 pulsations à la minute, à déconseiller aux cardiaques).

Ai visité les incontournables sites touristiques : Wat Phrea et Grand Palais : on hésite entre le grandiose et le kitchissime (le concept : du rococo asiatique, genre la galerie des glaces mais en couleur et en extérieur) ; Wat Pho : idem, du dégradé jaune bleu vert de petits carreaux style faïence en alternance avec du bling-bling en veux tu en voila, un Bouddha couché de 15 m de haut sur 45 m de long tout recouvert d’or (ah, je vous l’ai dit, c’est vraiment pas du design minimaliste).

Du shopping aussi : à Khao San Road, la folie m’a gagnée (1 maillot de bain ; 1 short ; 92,8 T-shirts ; 1 sac à main ; des cadres ; des coussins ; 1 service à thé… tout ça en ayant bien sûr prévu qu’un bagage cabine pour le retour…). Du coup, suis restée étonnamment insensible aux charmes des meubles en teck du marché aux puces de Chatuchak… mais ai quand même craqué sur la soie (ça prend pas de place…).

Enfin, sur les conseils de mes collègues grands voyageurs (merci Antoine et Etienne les bons tuyaux), ai fait quelques sorties nocturnes : Moon Bar : comme son nom le suggère, bar à ciel ouvert au 59e étage d’un hôtel avec vue panoramique sur la ville : pas dégueu… Bed Supperclub : resto-bar-club totalement branchouille, en forme de ballon de rugby posé à l’horizontal sur un trépied (cf. remarque ci-dessus sur les architectes), tout capitonné de cuir blanc, où l’on s’installe (après avoir posé ses chaussures SVP) sur une immense banquette blanche large comme un lit – d’où le nom, vous suivez toujours ? – private joke maman), concept de « surprise menu » le vendredi et le samedi soir : affalé sur votre immense lit blanc, vous attendez que l’on vous serve 5 plats mystérieux absolument tous plus délicieux les uns que les autres (perso, j’ai bien reconnu le gâteau au chocolat…) pendant que dans la salle, serveurs et serveuses font leur show (que du distingué on vous rassure, on n’est pas à Patpong ici…), avant d’enchaîner sur de la vraie bonne musique comme j’aime (no comment, seuls Raph et Boudeouf auraient suivi…), en un mot, une soirée mémorable !

Bref, un WE parfaitement dépaysant et réjouissant, si ce n’était, au retour, la diffusion aux infos dans la salle d’attente de l’aéroport des images du crash du jour même à Phuket… qui vous glace un peu quand même…

mercredi 12 septembre 2007

Conversation ordinaire

Mercredi, 9 h, en partant au bureau, je croise la voisine.

- Moi : Xin chao ! (bonjour)

- La voisine : Xin chao ! kaljfioetubvjkuferinffnjfcwmreffdvbvhfwjfcljgrejucij DIEN jkhriufnfhdfsluhcniufjfdkscndfj

(bon, DIEN = électricité. Confirmation avec le point pointé vers le plafond – bon. Je sais que je n’ai pas encore payé la facture du mois d’août, le type n’est pas passé (pas de prélèvement bancaire ici, que du cash) – bon)

- Moi : hmm hmm (hochant la tête, j’imagine que je dois être d’accord avec ce qu’elle vient de dire)

- La voisine : jhfuirenjnfjkdhnadoirnjkfndkfd GIA jkuiefhdfbdjfhiofnei

(bon, GIA = prix, on doit parler de la facture, jusqu’ici ça se confirme, mais pourquoi on change le mode habituel ? D’habitude, c’est elle qui avance quand le type de l’électricité passe et je la rembourse quand elle a le reçu)

- Moi : hmm hmm

- La voisine : jhfiuyiefhdjcnkljdoirjndjflksdflkfmvmf

( ??? – bon, je vais utiliser mon joker)

- Moi : khong hieu (je ne comprends pas)

- La voisine (doigt pointé vers ma maison) : jhfuiewyejoskdlwfn GIA djsfhdsjklasdlejnrcjfskmkdcsjfc

(bon, c’est peut-être que le compteur est à l’intérieur)

- Moi : hmm hmm (je me dirige vers la porte pour ouvrir)

- La voisine : kfsdlkfdjcskldjlkclfnjh (en montrant la boite aux lettres)

(aaaaahhhhhh, ils envoient la facture maintenant !!!! ben fallait le dire)

- Moi : (grand numéro de guignol pour montrer que je n’ai pas les clés de la boite aux lettres – un voisin qui s’en mêle et qui essaye tout mon jeu de clés – évidemment, ça ne marche pas et il a failli arracher ma boite aux lettres au passage….)

- La voisine : dhioeurdjfnkdjfdlsjfekljfdlfld

- Moi : hmm hmm (au point où j’en suis de toute façon….)

Au final, je lui ai laissé de l’argent en supposant que le type de l’électricité allait bien passer comme d’habitude et que comme ça, elle aurait de quoi payer pour moi… Suis arrivée au bureau bien réveillée, en pleine forme pour attaquer la journée…

lundi 10 septembre 2007

La coupe est pleine

Les données du problème :
A Paris :
- Coupe du monde de rugby ;
- Match d’ouverture France Argentine vendredi à 21 heures ;
- Pas envie de louper ça.
Ici :
- Décalage horaire : + 5 heures (…) ;
- Pas de télé à la maison ;
- Couvre-feu des bars à minuit grand maximum ;
- Pas envie de louper ça quand même.

Solution du problème :
- Mettre le réveil à minuit ;
- Trouver un gentil collègue pour le moyen de locomotion nocturne (voire 2, faut gérer le retour à 4 heures du mat’ aussi) ;
- Dégoter LE bar : trois possibilités – un plutôt plein d’australiens et de russes avinés – on oublie – le bar du Hilton, soit disant plutôt un repaire d’anglais – on oublie aussi – L’été, un micro-bar à pétaouchnok blindé de français, qui tire le rideau à minuit pour faire croire qu’il est fermé mais c’est pour de faux en fait…

Et toute cette organisation pour quoi ???? Je vous le demande ??? 80 minutes de stress et de déception… (en plus, Chouchou est sorti sur blessure, c’était bien la peine franchement…).

Cela dit, c’était quand même bien sympa de se sentir presque à la maison (des toulousains qui chambrent des parisiens ; le PSG qui en prend pour son grade - aucun rapport mais c'est comme ca ; le mec qui a décrété qu’il était pour l’Argentine et qui a saoulé tout le monde pendant tout le match ; les 2 ou 3 guguss qui ne tiennent pas la bière et/ou qui ont la défaite mauvaise et qui commencent à se chauffer pour on sait pas trop quoi d’ailleurs… bref, des français à bloc).

Pas dit quand même qu’on remette ça pour la Namibie…

Sinon, rien à voir, mais en bref :
- suis allée au Musée des Beaux-Arts de Hanoi, c’était vraiment intéressant et original : ai particulièrement aimé le titre de certaines oeuvres : « ils font encore des essais nucléaires » – ??????
- la proprio préconise le chat comme solution du problème rats ;
- étude de marché pour mes ami(e)s marketeurs : pas moyen de trouver du démaquillant dans les supermarchés, en revanche y’a moult rayonnages de produits blanchissants pour la peau…

mercredi 5 septembre 2007

Vacances !

Mesdames et Messieurs, bienvenue à bord du vol Vietnam Airlines à destination du Centre, du Sud, du Nord-Est et enfin du Nord du Vietnam (vous avez un peu craqué sur l’itinéraire Mesdames et Messieurs, vous avez confié le plan à Nath ou quoi ?), attachez vos ceintures, enfoncez vous confortablement dans vos fauteuils, ça va commencer…

- Hué : température au sol : la trentaine de degrés, ciel gris et bas – dommage, toutes les photos sont laiteuses. Visite de tombeaux – comprendre : parcs immenses, maisons, temples, jardins avec lacs et fleurs de lotus – du début du XIXe siècle – hyper impressionnant. Guide du routard pas au top sur certaines recommandations. Arnaque grandiose par les motos taxis – en plus on leur a laissé nos bananes alors qu’on n’avait pas déjeuné – pas très grave. Cité impériale sous le soleil qui revient pour se coucher – couleurs qui claquent. Dîner, victoire facile de Steph au billard en 45 vraies minutes la partie (qui a dit arnaque ?). Lendemain, retour pour de bon du soleil et piscine pour se remettre des efforts de la veille, rencontre d’un photographe local – Mr. Cu. Bus pour Hoi An à travers la campagne – toutes les cahutes de brousse du bout du monde se ressemblent, Chiapas, Sierra Madre, ici – pause à mi-chemin, changement de bus – enfin, seulement pour les bagages – ??? – binz – arrivée au complet quand même.

- Hoi An : ballade sur le port la nuit, loupiotes, vieilles maisons coloniales colorées, un air de Trinidad – j’arrête les comparaisons – mojitos pas mal du tout aussi. Lendemain, lever 4h30 du mat’ (si si), visite de My Son, site Cham tout rouge, censément top au soleil levant – en fait, re-belote ciel couvert et photos pourries. Retour à Hoi An et retour du soleil – à croire qu’il se fout de nous – ballade dans la ville, cagnard, odeur du poisson séché d’y a 2 semaines sur le marché, le jaune des enduits des maisons qui flashe, coups de soleil, piscine. Le soir, on a retrouvé des françaises croisées à Hué, tentative de football de JM avec un avatar de volant de badminton – ne pas chercher à comprendre – succès relatif, mojitos.

- Danang : rien vu à part le musée Cham – pardon Rod – toujours sous le cagnard, beaucoup de pièces, assez intéressant, c’était l’étape 100% culturelle du circuit.

- Ho Chi Minh City : un petit soir rapide, juste le temps de retrouver le glacier qui va bien. Impression d’une ville beaucoup plus « ville » et internationale qu’Hanoi en fait, plus de voitures, plus de hauts buildings, plus impersonnelle aussi.

- le Delta du Mékong : 3 jours sur un sampan privé au bout du monde, à explorer à 2 à l’heure les multiples méandres du fleuve, à découvrir les métiers du coin à 2 US$ la journée (la femme qui découpe des étoiles dans des poteries en argile, l’enfant qui coût des feuilles de palmiers pour former des bandes qui feront des toits…), loin de tout et proche des gens – sourires et saluts des enfants, « hello, hello, where you from ? » qui fleurissent sur notre passage – selon notre guide, pour la plupart, c’est la première fois qu’ils voient des étrangers. Des envies de planquer des Paolitos viet (spéciale dédicace Marie) au fond du sac à dos et de les ramener avec soi. Bref, un super moment. A part que, pas de bol, on est tombé sur la journée spéciale hospitalité des bouddhistes : invitations des villageois à visiter leur maison – comprendre : prendre le thé et manger – 4 repas en 4 heures, à base de mixtures de champignons / noix de coco / nouilles / ??? – variante riz gluant / haricots rouges / ??? – qu’on avale en souriant et en priant – pourvu que l’estomac tienne – n’a pas trop tenu – les 4 jours qui suivent au Coca.

- la Baie d’Along : petit groupe de 12 personnes, surtout des jeunes – bonne pioche vu les autres groupes croisés – jonque en bois (avec SdB individuelle, info qui intéresse grandement maman) – temps toujours capricieux, bruine, soleil – surtout bruine. Du dégradé de pains de sucre gris bleus à perte de vue – très beau. Soirée de pleine lune à discuter sur le pont sous les étoiles, avec en ombres chinoises les montagnes se détachant sur des masses de nuages plus claires décorant le ciel noir – grandiose.

- Sapa : extraordinaire – la campagne à la montagne, rizières en escaliers à flanc de montagne sur toute la vallée, au milieu des forêts de pins et de bambous, riz sur pied avant la récolte de septembre – la montagne en costume rayé vert gazon. Sommets toujours embrumés, nuages qui envahissent en un instant la vallée, on n’y voit plus plus loin que son nez. Water buffalos massifs et paisibles conduits par des gamins sur leur dos. Ce qu’il faut de gadoue pour rendre le trek authentique et la douche à la casserole d’eau froide chez l’habitant mémorable. Femmes des tribus montagnardes qui colorent la ville – Hmong : toque noire, cheveux longs enroulés autour de la tête, peigne planté sur le haut du crâne, créoles en argent, tunique et jambières noires, parapluie à carreaux noirs et roses – Dao (prononcer Zao) : front bombé, contour du visage rasé, foulard rouge plus ou moins pomponné et grelotté replié sur le haut du crâne, bijoux en argent – Dao noir : coiffure comme un bonnet d’une multitude de tresses noires, barrette-cendrier sur le chignon – Thai : foulard vert à carreaux roses… Seul désagrément – et de taille – lesdites femmes qui complètent le maigre revenu de leur famille de fermiers par la manne touristique pratiquent une technique de vente redoutable : l’accompagnement forcé du promeneur, même sur 10 km, même avec un bébé en bandoulière sur le dos – culpabilité au bout de 10 km, difficile de ne rien acheter – impossible de ne rien acheter. Cela dit, les vieilles restent douces et attendrissantes et les jeunes parlent un anglais incroyable quand on sait qu’elles ne sont jamais allées à l’école et ne savent ni lire ni écrire…

De retour à Hanoi, la chaleur est tombée, la pluie aussi, c’est la rentrée…

jeudi 16 août 2007

Les visiteurs du soir

Non non, je ne vise pas mes colocs occasionnels que sont les quelques lézards, cafards et autres souris (pour ne pas prononcer le mot rats – 2 dénombrés jusqu’à présent, une paille – qui prennent un malin plaisir, les fourbes, à s’agiter sous mon lit quand il serait temps, pour eux comme pour moi, de dormir – je songe à compléter ma panoplie d’accessoires vietnamiens par un chat…), non non, je voulais vous parler de Tim et Géraldine.

Tim et Géraldine, les premiers à inaugurer ma guesthouse (espérons que ce sera moins rock & roll pour les suivants), sont donc arrivés samedi dernier vers 23 h à la maison – l’avion était en retard, normal, du coup les restos à Hanoi étaient fermés, normal, du coup on n’a pas dîné, normal… (mais si on a dîné en fait, faut pas croire tout ce que je vous raconte – j’ai toujours de la vache qui rit dans le frigo).

Non, la vraie blague, c’est qu’avant d’arriver à Hanoi, leur hôtel douze étoiles à Hoi An leur a paumé leur passeport.

Et qu’ils s’en sont rendu compte évidemment au moment du check-out, à quelques heures du décollage de leur avion (avion qui naturellement ne nécessite pas du tout la production d’un passeport pour embarquer…).

Et que la personne de l’Ambassade de France (dont nous tairons le nom par charité) de permanence le samedi n’était pas joignable – c’était le week-end… (d’ailleurs, c’était la même personne de permanence le dimanche et elle n’était pas plus joignable : c’était toujours le week-end… - d’où le concept de « permanence »).

Bref, ils sont quand même arrivés chez moi mais leurs derniers jours de vacances ont plutôt été consacrés à la découverte de monuments méconnus de la culture viet : le commissariat de quartier pour faire la déclaration de perte (à Sapa, à Hanoi, avec ou sans traducteur viet…).

A part ça, on a décidé de ne pas se laisser abattre et on a fait sa fête au buffet de chocolat du Métropole (truffes, macarons, fondue de fruits au chocolat, éclairs… c’était B-ON-ON-OON).

M’est avis que c’était sûrement la bonne stratégie puisque le susmentionné hôtel 12 étoiles à Hoi An (dont nous tairons le nom par charité) a finalement retrouvé les susmentionnés passeports… la veille du départ définitif de Tim et Géraldine… Entre-temps, l’Ambassade à Hanoi avait naturellement lancé la production de nouveaux passeports temporaires : arrivés avec 1 passeport chacun, ils sont passés par zéro et ont failli repartir avec 2 ! Qui dit mieux ?

Prochain épisode : mon propre périple dans le centre et le sud du pays la semaine prochaine…

mercredi 8 août 2007

Nha Trang, sa plage et sa mer turquoise

Je suis donc partie comme prévu le WE dernier pour un peu de farniente dans la moitié sud du pays. Départ d’Hanoi sous un ciel bleu radieux. Arrivée à Nha Trang : timing impeccable – 2 jours de pluie (une queue de typhon parait-il…).

Nha Trang, sa plage et sa mer grise donc. Adieu veau, vache, cochon, cabotage entre les îles et bronzage…

Entre les gouttes, j’ai quand même eu le temps de voir les 2 ou 3 « hauts » lieux de la ville : un site Cham (Po Nagar), une pagode avec un énorme Bouddha blanc de 16 mètres de haut surplombant une colline, et le plus joli à mon goût, les bateaux bleus des pêcheurs serrés dans le petit port de la ville.

Une ville assez ambivalente d’ailleurs : le front de mer (style promenade des anglais) est exclusivement touristique ; la plage est jolie, bordée de palmiers, mais ne tardera pas si ça continue à être défigurée par les buildings en construction derrière ; que des bars, hôtels, restaurants et commerces pour touristes dans cette partie-là ; pas un seul vietnamien de la vraie vie n’habite ici. L’arrière de la ville est lui sans charme ni intérêt particulier, la route qui arrive de l’aéroport passe par des endroits complètement défoncés, pas un seul « tây » (étranger) de la vraie vie n’habite ici. La séparation des deux types de populations saute aux yeux, le point de contact ne peut être que commercial, de jour du moins.

En revanche, le soir, Nha Trang est éminemment plus sympathique : effluves des barbecues de langoustes et autres tiger prawns directement cuisinées sur le trottoir à l’entrée des restaurants, bars sur la plage ouverts tard et accueillant indifféremment touristes et locaux au son d’une musique « normale » (exit la techno-pop asiatique)… Les gens s’avèrent être bien plus chaleureux et curieux de l’étranger de passage qu’à Hanoi (même si la spontanéité des « working girls », toujours présentes, ici comme ailleurs, est évidemment douteuse – difficile d’ailleurs d’éviter de juger les vieux tây bedonnants accompagnés de jeunes et jolies vietnamiennes au regard ailleurs…).

En fait, c’est l’occasion de vérifier cette puissante réflexion philosophique selon laquelle « dans chaque pays, il y a un Nord et un Sud » : en l’occurrence, au-delà des questions d’accents (dont mon niveau de vietnamien me permet difficilement de percevoir les nuances), Hanoi La Grande Ville adopte semble-t-il des traits très parisiens – distance, condescendance à l’égard de la province, fonctionnement par petits cercles – et Nha Trang Le Petit Bled serait disons plus proche de Nice ou de Bayonne – il fait beau, il fait chaud, prenons donc un verre ensemble.

Au final, une excursion pas si loupée que ça et fleurant bon les vacances !

mercredi 1 août 2007

Une quasi vietnamienne

(chronique interdite à la lecture de papa et maman)

Les semaines passent, on atteint déjà le mois d’août, et je continue à me fondre de plus en plus dans la masse hanoienne (étant toujours blanche et blondasse, vous comprendrez ce que ça veut dire…).

Après la maison avec clim, j’ai désormais comme accessoires indiscutablement viet les tongs en plastique made in Vietnam, un numéro de portable viet, un compte à la Vietcom Bank (l’info économique pour les avertis : ce n’est pas très couleur local ça car les gens ici utilisent surtout du liquide et n’ont pas de compte en banque), la marque sur le mollet droit (rapport au xe om), un répertoire d’une vingtaine de mots et expressions (parmi lesquels les très usités « combien ça coûte ? » et « trop cher »), un vélo, et depuis vendredi dernier… une moto…. (silence consterné dans l’assistance, papa et maman, on avait dit que vous ne deviez pas lire).

Au départ, le constat est simple : même si la ville est globalement plate, il fait trop chaud pour pédaler sous le cagnard et les distances entre les points névralgiques de la ville (chez moi – la boîte du samedi soir) sont dissuasives. Du coup, après un mois d’observation des us et coutumes routières (cf. ma première chronique), je me suis dit qu’il fallait se lancer.

Monsieur Tung – fournisseur officiel des avocats sis Ly Thuong Kiet – est donc arrivé vendredi soir au bureau avec une magnifique Honda « wave » bleue de 110 cm3 (avec un petit panier devant pour le shopping) pesant un âne mort.

Petites explications rapides (les boutons, les pédales, les vitesses) et devant mon air manifestement futé, direction le terre plein central devant le palais soviéto-viet à côté de chez moi pour faire des tours (à droite, à gauche, freiner, le gros niveau technique quoi…). Pour celles et ceux qui ne s’y connaîtraient pas plus que moi, en gros, il y a 4 vitesses et un point mort, la première est la plus nerveuse et ensuite, plus on monte les rapports, plus c’est censé être tranquille à conduire – comme la cinquième sur l’autoroute en voiture – sauf que là on peut s’arrêter et re-démarrer en 4e sans caler (et là, les perspicaces ont compris que j’avais décroché).

Bref, j’ai fait des ronds – en calculant que si je voulais avoir une chance de tourner à un carrefour ici, fallait absolument que je trouve le moyen de réduire le diamètre de mes cercles à moins de 50 mètres… – sous la surveillance imperturbable de Monsieur Tung qui, à chaque arrêt pour débrieffer, me disait « better, better… One more time » et ça a duré une vraie heure… On a fini par rentrer chez moi et là, je me suis dit que la dernière fois que je me suis sentie aussi spontanément à l’aise avec un truc motorisé, c’était quand j’ai conduit à gauche (avec le volant à droite) en Australie…

Au final, après quelques nouvelles tentatives pas plus convaincantes (je n’ai toutefois écrasé personne, pour les mauvais esprits qui auraient des doutes), j’ai décidé, un peu piteuse, de passer la moto par pertes et profits et ai re-découvert des charmes insoupçonnés au vélo…

Prochaine destination : Nha Trang (plages et mer turquoise).

jeudi 19 juillet 2007

Petits fours et champagne par 39 degrés le soir…

Cher(e)s tou(te)s,

Devant les clameurs d’impatience d’un public en délire, je vais éviter de me faire prier trop longtemps et cède donc avec plaisir aux joies d’un premier rappel…

Alors, ce 14 juillet, c’était comment ?

Chaud, très chaud même, car si vous ne faites pas comme Nath et lisez également le titre de ces chroniques, vous aurez compris que samedi soir dernier fut particulièrement gâté par la météo…

J’avais donc mis pour l’occasion une jolie robe en soie (ça tient pas du tout chaud la soie, c’est ça qui est bien…) du plus bel effet a priori (si ce n’était les quelques dizaines de piqûres de moustiques agrémentant avantageusement mes bras et jambes) et avait précieusement apporté le beau carton calligraphié où l’ambassadeur himself m’assurait qu’il serait très heureux de me recevoir.

A l’entrée donc, remise du précieux carton à l’humoriste de service déclarant qu’on arrivait trop tard et que tout était fini (il était 19h30) et abandon dudit carton audit humoriste (déception). Puis, passage par une longue allée bordée de couronnes mortuaires… pardon, de gerbes de fleurs gentiment adressées par toutes les autres ambassades et sociétés ayant un rapport quelconque, voire pas de rapport du tout, avec l’ambassade de France (le fleuriste qui a reçu la commande a fait son chiffre d’affaires de l’année, ou alors il faut qu’il dépose d’urgence un droit d’auteur sur son concept de composition florale !). Sous le choc, j’ai capté (mais un peu tard) que le monsieur qui m’avait interpellée pour me serrer la main était Son Excellence himself…

Passée cette micro boulette, découverte de l’intérieur de l’ambassade : un très grand jardin (ou un petit parc) parsemé de tentes blanches protégeant une quantité astronomique de buffets, luisant (au sens premier) de fromages, saucissons et tartelettes diverses… Le Français n’étant pas (du tout) pique-assiette, la perspective d’une bonne bouffe gratos avait rameuté les foules et même les touristes de passage étaient au rendez-vous, en tongs et bermuda cradouille…

Ces petits détails mis à part, tout cela était du meilleur goût (surtout les macarons au chocolat et la glace aux fraises de chez Fanny), l’orchestre classique jouant une marseillaise old school sous un immense drapeau bleu-blanc-rouge, les trop rares ventilateurs aérant ces dames aux tenues parfois recherchées et les retraités de je ne sais quel corps militaire arborant fièrement leur uniforme blanc à épaulettes à la Top Gun…

Après quelques serrages de mains et coupes de champagne, on a quitté les lieux (assez peu dansants étonnamment) pour une bonne boite crachant de la techno-pop viet jusqu'à 2 heures du mat’…

Le lendemain fut consacré aux visites et tourisme photographique, un orage de folie en fin de soirée inondant la ville (et dire qu’il aurait pu noyer un si beau 14 juillet…).

Tam biet (a +) !!!

mercredi 11 juillet 2007

Xin chao !

Cher(e)s tou(te)s,

Ca y'est j'y suis (et je commence deja a faire la maline en vous ecrivant le quasi seul mot de vietnamien que je connaisse pour l'instant - bonjour) !

Je vous avais laisses a Paris, pour certains apres une soiree d'adieu bien tassee (rue du Sergent Hoff), un mariage plus que festif (Mimi et Thomas) ou encore une micro pendaison de cremaillere tres prometteuse (Nath).

Certains ont meme eu la chance de participer activement a la preparation des bagages (SVP Tim Info Service) qui, pour la petite histoire, etaient a 24 kilos d'excedent au comptoir d'enregistrement - a 30 euro le kilo, ca fait cher le kit de survie (speciale dedicace Miss Tulum) - pour finir, apres une nego de folie (merci papa), a 3 kilos factures... (soulagement du cote du budget mais sombre perspective deja pour le retour).

Bref, c'etait il y a a peine 2 semaines et maintenant tout est different...

La temperature et l'humidite sont evidemment le premier choc asiatique du mois de juillet. La nourriture ne sera pas le deuxieme car, pour les alarmistes qui connaissent mes gouts culinaires, tout va bien, je survis tout-a-fait (ok, je ne tente pas le diable ou la viande de chien, et le Citimart du coin a des tablettes de chocolat 74% tres bien... Ai pas encore trouve le nutella...).

J'ai pris mes quartiers dans mon nouveau bureau (adieu Tour Eiffel, bonjour Ly Thuong Kiet) et surtout, depuis quelques jours, dans ma maison de 3 etages...

Je me propose dans les prochaines semaines de vous expliquer tout cela plus en details, a grand renfort de photos, plan (l'itineraire pour arriver chez moi est en cours de realisation), et commentaires que l'on espere pertinents, mais d'ores et deja, voici quelques curiosites en vrac percues par mon regard candidement europeen :

- la route qui relie l'aeroport a Hanoi est entouree de rizieres !?!? (comment ??? pas de zone industrielle informe ou Sofitel / Formule 1 a perte de vue comme chez nous ???) A peine l'avion quitte, on se retrouve immerge dans une autre epoque, entoure de paysans portant le chapeau pointu et plantant a la main les pousses de riz dans un fond d'eau...

- la circulation : ok ok, ceux qui connaissent m'avaient dit : "tu verras, c'est un sketch pour traverser la rue...". Bon, mais si ce n'etait que ca ! En fait, la circulation a Hanoi est extremement fluide et coulee : c'est un flot ininterrompu de mobylettes (surtout) et de velos et voitures (moins) qui, par une alchimie mysterieuse (ou l'usage du klaxon tient surement une bonne place, a cote de l'habilete des conducteurs), arrive de toute part et en meme temps aux intersections, sans necessairement respecter les feux (s'il y en a), bref, tout ce petit monde arrive de droite, de gauche, d'en face, depasse par n'importe quel cote et tourne a droite, a gauche ou fait demi-tour, sans que personne ne s'arrete (faudrait pas provoquer un accident), car tout le monde s'evite... Epatant !

- le batiment dans lequel se situe le bureau est ultra moderne : les touches pour indiquer les etages a l'ascenseur sont... sur le palier, a l'exterieur de l'ascenseur ! (pas interet a changer d'avis en cours de route...)

- enfin, la petite deception du moment : pour cause de reprise en main politique et morale avant ou dans la perspective des elections, la plupart des restos et bars ferment tres tot (extinction des feux vers 23h) et vous font gentiment sentir des 22h qu'il serait temps de ne pas s'attarder - quant aux boites, les principales sont fermees, ce qui regle aussi le probleme...

Voila pour l'instant, la prochaine fois, je vous debriefferai sur la reception de l'ambassadeur pour le 14 juillet.

A bientot !